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Plaisirs de la vie, de l'esprit, moments forts ou joies simples qui donnent du prix à l'instant ou qui se gravent dans le temps.

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BILQUIS, la Bédouine qui voulait devenir la Reine de Saba.

  Album- livre, conte pour grands à raconter aux petits, texte de Chantal Portillo, dessins et aquarelles de Richard Huysschaërt, publié en 2008 aux éditoins Bérénice, collection Sphinx. portillobilquis120-copie-1.jpg
ISBN 978-2-911232-77-0. 153 pages.

 "C'est dans le grand désert pourpre, le désert des déserts , le Rub'al Khali, dans le coeur de ce grand croissant aride, qu'est née cette nuit Bilquis, la fille des sables.Fille des roches, de la source et du vent".
Ainsi commence le conte...
  Née d'une étreinte entre une toute jeune fille et un djinn, lorsqu'elle atteint ses treize ans après "un étrange voyage, enclose dans le récit des pierres", elle choisit de partir, de chanter, de vivre libre, nue, à la découverte du monde.Elle porte sur son visage, les marques des enfants du royaume de Saba, un Y inversé et apprend qu'elle se nomme Bilquis comme la  mythique reine de Saba.
  Elle sera accompagnée dans son périple par la coccinelle porte- bonheur à sept points,Grigri, par un criquet rouge, dit L'Ecarlate et par l'infatigable  dromadaire Vieux Chameau. Ensemble, ils traverseront le désert sans fin , connaîtront la peur, l'épuisement, la soif, les tempêtes de sable...Bilquis devra manger des herbes dures, des dattes coriaces, boire de l'eau rare et croupie,elle qui vivait au frais de la grotte près de la source pure. Quand elle rencontrera les hommes des oasis, elle devra apprendre à se vêtir, à se cacher du regard, à s'envelopper tout entière dans des voiles. Alors, elle ira plus avant encore, cherchera le pays où l'on peut vivre à visage découvert .
Son voyage la mène aux bords de la Mer rouge, elle découvre avec émerveillement L'Erythrée et le fourmillement des activités, aborde les sources du Nil Bleu, monte sur les hauts plateaux et dort dans le brouillard des chutes de Tissisat. "Au matin elle était et végétale, et minérale, elle devenait liquide, elle devenait couleur. Elle irradiait."
 Fin de la première époque, celle que je préfère pour sa poésie et l'appel à l'imaginaire.

    Bilquis a mûri de toutes ces épreuves et elle poursuit sa route en suivant le Nil. Elle cherche le pays de la liberté, celui où elle pourra être pleinement elle -même. Elle veut être comme l'oryx, l'antilope du désert que rien n'entrave.
    Elle apprend la  douleur du deuil quand Grigri et Ecarlate, ses compagnons, disparaissent. Elle découvre L'Egypte, ses femmes et ses crocodiles dont l'un deviendra son ami et surtout Fille, enfant des rues. Le voyage tourne en rond: ils sont passés à côté des sources du Nil sans les voir, sont découragés. Enfin, ils arrivent au pays des dompteuses de vent et des cavaliers noirs. Leur reine de Saba s'appelle Makéda et c'est un pays chrétien. Ma la guide en rêve: elle repart, combat des molosses, rencontre leur maître Bédélé qui les amène au Lac Tana, le plus haut des lacs d'Afrique, au coeur de l'Ethiopie. Là , elle comprend au contact de Bédélé qu'elle a atteint le but de sa quête: elle reconnait sur son visage le signe de la reine de Saba. Ils se prennent les mains...

 Conte initiatique, l'histoire de Bilquis permet de franchir peu à peu les étapes de la vie: le passage du monde protégé de l'enfance où tout nous est donné à celui , difficile, de l'adolescence où l'on découvre la vraie vie, la force des rêves et la violence des désillusions. Où l'on doit affronter seul les transformations du corps, l'apprentisage de la pudeur et des règles sociales, assumer les deuils et les séparations, surmonter mille épreuves pour  se construire dans un contexte tour à tour bienveillant ou hostile. Les adultes apparaissent dans ce conte comme des auxiliaires efficaces mais c'est surtout dans l'esprit de Bilquis que se produisent les plus grandes métamorphoses, à la faveur de ses méditations et de ses rêves: chacun se façonne en cherchant son chemin personnel, en sachant découvrir Le Signe de reconnaissance dans les rencontres, en acceptant le danger de l'aventure intérieure.
   Les aquarelles à la fois fortes et délicates et les dessins nombreux   sont un précieux atout pour compléter la poésie du récit et rendre le voyage au coeur de l'Afrique particulièrement attrayant.
  Une réserve mineure, très personnelle, pour ce bel ouvrage: même si je sais bien que tout est possible dans un conte, je n'ai pas trop aimé les quelques anachronismes qui parsèment le récit car ils rompent l'unité de ton et insistent inutilement sur sa portée universelle.
 
 

 

 

 

 

 

 

 
                      

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G
<br /> <br /> La langue de Bilquis est poétique et séduit par ses images épurées, les adolescents qui s'y reconnaissent.<br /> <br /> <br /> <br />
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