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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 14:45

  En ce jeudi j'ai pensé à convoquer Joachim du Bellay et son désenchantement de Rome, la ville éternelle, pour illustrer d'une certaine façon le thème proposé pour cette session des Croqueurs de mots, à savoir le très paradoxal : RIEN.

 En 1558, dans le recueil publié à son retour en France, "Les Antiquités de Rome", il mesure l'immense désillusion que lui a donnée ce séjour et le profond sentiment de la vanité des entreprises humaines.  Non, RIEN n'en reste, même des plus prestigieuses. Un poème qui donne à méditer ...


 

      

 
                     Nouveau venu qui cherches Rome en Rome
                     Et rien de Rome en Rome n' aperçois,
                     Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
                     Et ces vieux murs, c'est ce que Rome on nomme.

                      Vois quel orgueil, quelle ruine: et comme
                      Celle qui mit le monde sous ses lois,
                      Pour dompter tout, se dompta quelquefois,
                      Et devint proie au temps, qui tout consomme.

                       Rome de Rome est le seul monument,
                       Et Rome Rome a vaincu seulement.
                       Le Tibre seul, qui vers la mer s'enfuit,

                       Reste de Rome. Ô mondaine inconstance!
                       Ce qui est ferme est par le temps détruit,
                       Et ce qui fuit au temps fait résistance.

 
                                     Joaquim du Bellay (1522-1560)
                                                      (Antiquités de Rome, sonnet 3- 1558)

                     

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Published by Mimi des Plaisirs - dans poésie
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commentaires

Etienne 27/09/2013 09:27


Chère Mimi,


Quel beau texte, superbement écrit et cadencé, pour évoquer la vanité des choses- le vanitas vanitatum de la Bible et des peintres- et qui doit encore saisir le visiteur contemporain qui s'était
construit une image, au cours de ses études ( qui n'a pas rencontré un poème de Du Bellay, au cours de ses études de Collège?) et qui doit les voir, je suppose, entouré du bruit assourdissant de
la ville moderne et ses activités fébriles;


 J'ai aimé cette réponse au thème des croqueurs de mots: je ne connaissais pas du tout ce poème et il faudrait au moins feuilleter le recueil d'où il est extrait et je vais me diriger vers
la Bibliothèque universitaire. Et quelle perspective effrayante pour nous qui construisons dans l'éphémère, en préservant peu ce qui nous entoure en ayant l'impression fallacieuse de surpuissance
et d'éternité;


 Merci pour ce texte qui va nourrir mes réflexions dans ma promenade du matin, mais là c'est plutôt du Rousseau...


Amicalement, Etienne.


 

Mimi des Plaisirs 02/10/2013 21:25



J'espère que la méditation a été féconde lors de cette promenade et qu'elle a été nourrie par tous les vestiges des temps glorieux qui émaillent la région...
 J'ai bien aimé les remarques de votre commentaire mais comme il est difficile d'admettre ce "vanitas vanitatum"...On voudrait tant retenir une trace, marquer l'existence!



Nounedeb 27/09/2013 07:57


Je l'avais oublié, ce du Bellay! Merci à toi.

Mimi des Plaisirs 02/10/2013 21:21



Je crois que nous avons été nombreux à l'étudier ou à le réciter! Tu vois, il en reste encore quelque chose!
 Bonne soirée.



flipperine 26/09/2013 23:46


Rome c'est tout de même une belle ville d'après ce que j'ai pu voir

Mimi des Plaisirs 02/10/2013 21:19



C'est vrai et le nombre de touristes en est la preuve mais il ya des siècles, ce n'était pas le cas sans doute et Du Bellay est malheureux de voir que les monuments romains sont détruits.
 Bonne soirée. A plus!